L'outil du comportementaliste : entretien et approche systémique

 

"Le vrai voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouvelles terres mais à avoir un regard neuf"

Marcel Proust.

De trop nombreux "postulats" planent dans le monde cynophile, créant phénomènes d'attente, parfois erreurs et déceptions, pouvant même directement altérer la relation homme/chien. Cette "rigidité" qui y règne, n'hésite d'ailleurs pas à montrer d'un doigt accusateur l'individu : homme ou chien. L'approche du comportementaliste, elle, ne culpabilise pas l'individu, mais le considère "prisonnier" d'une série d'interactions à travers laquelle il ne peut exprimer les messages souhaités.

Le comportementaliste s'appuie sur une approche systémique.

L'approche systémique permet une vision synthétique des problèmes. Contrairement à la démarche analytique, elle essaie de penser la totalité dans sa structure et sa dynamique. Au lieu de dissocier, elle recompose l'ensemble des relations significatives qui relient des éléments en interaction.

L'homme et le chien, de par leur cohabitation, vivent à travers un tissu d'interactions où ils sont, tous deux, soumis à une influence réciproque : chaque comportement de l'un modifiant celui de l'autre. Obéissant à cette "causalité circulaire", les comportements ne peuvent se comprendre en les référants simplement aux "caractères" de ceux qui en sont les auteurs. On touche donc bien ici à la notion de système et il serait alors réducteur et simpliste d'envisager le problème en le reportant uniquement sur un individu (homme ou chien).

C'est pourquoi le comportementaliste va étudier les interactions homme/chien en prenant en compte ce qui caractérise leurs rapports (attentes, craintes, communication etc...) et pouvoir envisager ainsi le système dans sa globalité.

Prenons un exemple simple de causalité circulaire. Monsieur B. est de plus en plus exaspéré par le fait que "Saco", son chien, urine en sa présence. "Saco" est un jeune chien très "émotif" et son maître, assez intransigeant. Lorsque Saco fait ce que Monsieur B. appelle une "bêtise", il se fait sévèrement réprimander par son maître, d'autant plus que ce dernier prend cela pour "de la provocation". Saco se met alors à essayer différentes tentatives d'apaisement et se met à uriner. Pour lui le message est clair : "Ne me gronde pas...oulala...je suis submergé par un trop plein d'émotion...regarde je suis encore comme un chiot...". Nous pouvons schématiser la situation ainsi :

 

"fait une bêtise"
soumission/tentative d'apaisement, normalement inhibitrice de l'agressivité
Saco

Monsieur B
Saco

Monsieur B
"gronde" Saco et pense qu'il est insolent...
ne respecte pas le rituel à caractère inhibiteur et continue à gronder

 

nouvelle tentative d'apaisement : se met à uriner
Saco

Monsieur B
(...)
Continue à le réprimander, pense avoir la confirmation du caractère provocateur de son chien et qu'il faut donc être encore plus intransigeant...

 

Nous voyons bien dans ce cas, qu'un simple recadrage de la situation, en faisant comprendre à Monsieur B. qu'il n'y a aucune "insolence" ou "provocation" dans le comportement de Saco, bien au contraire, suffirait à dénouer la situation : la relation serait alors plus harmonieuse, la communication bien meilleure et le comportement indésirable s'éffacerait.

Chaque histoire étant différente, chaque système unique, il serait utopique de catégoriser les différents dysfonctionnements ainsi que leurs solutions. C'est par la conduite d'un entretien semi-directif approfondi que le comportementaliste va pouvoir analyser le système, et fournir une aide aux consultants par le biais de propositions, dont le but est de remédier à la situation difficile qu'ils vivent.

 

"La communication consiste à comprendre celui qui écoute"

Jean Abraham.

 

 

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